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En découvrant le phénomène de la phagocytose, il ouvre la voie de l’immunologie.

En bref

La découverte de la phagocytose peut être considérée comme un point de départ décisif de l’immunologie, c’est-à-dire l’étude des mécanismes des défenses immunitaires chez les êtres vivants.

C’est au zoologiste d’origine ukrainienne Metchnikoff que l’on doit cet apport fondamental, à partir de ses travaux sur l’étoile de mer.

Après un parcours mouvementé, à partir de son Ukraine natale, en passant par l’Allemagne, la Russie, l’Italie… cet éminent scientifique terminera sa carrière en France auprès de Pasteur, à l’Institut dont il deviendra le vice-directeur.

Il sera honoré par l’attribution du prix Nobel en 1908.

Le parcours d’Elie Metchnikoff

Elie Metchnikoff, de son nom d’origine : Ilya Ilitch Metchnikov, est né à Ivanivka en Ukraine le 15 Mai 1845 et décédé à Paris le 15 juillet 1916.

Diplômé de zoologie de l’université de Kharkov, il poursuivit sa formation scientifique dans plusieurs universités en Allemagne et en Italie auprès de spécialistes renommés de la zoologie puis revint dans son Ukraine natale avec un titre de docteur ès sciences.

Enseignant pendant quelque temps à Odessa et à Saint-Pétersbourg, il fut très affecté par la maladie et le décès de sa jeune épouse et plus tard par des problèmes avec ses collègues et une administration conservatrice, ce qui le poussa à démissionner et même à faire deux tentatives de suicide.

En 1882 il est à Messine en Sicile et reprend des recherches sur l’étoile de mer, ce qui va lui permettre d’aboutir à la découverte du processus de la phagocytose.

La découverte de la phagocytose

Il observa en effet chez les larves d’étoile de mer que certaines cellules mobiles paraissaient défendre l’organisme contre les agents pathogènes. Pour contrôler cette hypothèse il introduisit sur ces larves des bouts d’épines et constata le lendemain que ces épines étaient entourées de cellules mobiles. Il en eut confirmation par une seconde expérience sur la daphnie, petit crustacé d’eau douce.

Sur son trajet de retour à Odessa, il rencontra le zoologiste viennois Claus qui lui conseilla de qualifier les cellules mobiles de « phagocytes » en utilisant le mot grec « phagos  » (manger), d’où le terme phagocytose pour désigner le phénomène, et le verbe « phagocyter » que l’on retrouve désormais dans le langage courant.

De l’Ukraine à la France

Devenu directeur de l’Institut de Biologie d’Odessa, mais lassé des conflits avec l’administration et ses confrères il démissionne rapidement, refuse la direction de l’Institut de Biologie de Saint-Pétersbourg et se rend en Allemagne où il espère travailler avec Robert Koch le célèbre découvreur du bacille de la tuberculose. Reçu avec froideur, il quitte Berlin pour Paris et demande à Pasteur de l’accueillir à son Institut en cours création.

En 1888 il intègre l’Institut Pasteur où il terminera sa carrière en qualité de vice-directeur.

La découverte du rôle de défense des leucocytes

Dans son laboratoire, il se consacre particulièrement à l’étude des agents des maladies infectieuses et surtout aux moyens de les combattre.

Metchnikoff, se rappelant que chez les vertébrés certains globules blancs traversent la paroi des vaisseaux pour se rendre sur un lieu d’infection, estima que les globules blancs mobiles avaient chez l’homme une mission identique de défense de l’organisme contre les agents extérieurs.

Son grand mérite est d’avoir compris le premier le véritable rôle de défense des leucocytes.

Comme le souligne Bernard Genetet dans son histoire de l’immunologie : «…le génie du chercheur a été d’aller au-delà de la « nécessité alimentaire » expliquant la phagocytose, pour atteindre la « nécessité » tout aussi prégnante de la « défense » – nous écririons aujourd’hui du « soi biologique »

Metchnikoff qualifia de « microphages » les cellules mangeuses de bactéries  (la catégorie de globules blancs désignés maintenant sous le nom de granulocytes), et « macrophages » celles qui débarrassent l’organisme des résidus de cellules mortes ou malades.

Évolution de la science

Il émit donc l’idée que la phagocytose était un phénomène général chez tous les êtres vivants, ce qui est exact, et qu’elle constituait le mécanisme essentiel de défense contre les affections, ce qui est moins vrai.

L’ouvrage consacré à sa découverte « Comparative pathology of inflammation » constitue l’origine de la théorie de l’immunité cellulaire.

La thèse exclusive de Metchnikoff était contestée par l’allemand Paul Ehrlich (1854-1915) qui estimait que les défenses anti-infectieuses relevaient de facteurs humoraux : les anticorps.

En 1908 Elie Metchnikoff et Paul Ehrlich furent conjointement récompensés par l’attribution du prix Nobel, sans que cela concilie leurs points de vue.

En fait ils avaient tous deux en partie raison, Il est reconnu actuellement que les anticorps ont un rôle majeur dans la défense contre les maladies infectieuses.

Postérité

Elie Metchnikoff est décédé le 15 juillet 1916 à Paris, après une carrière scientifique particulièrement féconde.

Pour marquer sa reconnaissance et son attachement à l’Institut Pasteur, il demanda à ce que l’urne contenant ses cendres soit placée dans la bibliothèque où, dès l’arrivée du courrier, il venait prendre connaissance des nouvelles acquisitions de la science en provenance du monde entier.

 

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