FFDSB/ août 26, 2026/ Actualités, Congrès, En page d'accueil, Hauts-de-France, Nationale/ 0 comments

Tout a commencé avec une idée, une idée géantissime. Celle de créer un géant pour et par les associations de donneurs de sang du Nord, et plus précisément par leurs jeunes ambassadeurs et ambassadrices.

Les géants du Nord de la France, une tradition culturelle très vivante

Apparus dès le XVIe siècle dans le Nord de la France, alors sous domination de Charles Quint, et probablement inspirés des coutumes espagnoles, les géants constituent une tradition populaire profondément ancrée dans la culture des régions des Hauts-de-France et de la Flandre. Ces figures monumentales, pouvant atteindre plusieurs mètres de hauteur, sont bien plus que de simples objets festifs : elles incarnent l’histoire, les valeurs et l’identité des communautés locales.

Les géants apparaissent principalement lors de fêtes traditionnelles telles que les ducasses, les carnavals ou les processions, événements qui rassemblent les habitants autour d’un moment festif et collectif, où la musique, les danses et les costumes occupent une place centrale. Ils deviennent alors les véritables vedettes des célébrations, attirant aussi bien les habitants que les visiteurs.

 

Une identité propre à chacun

Dénommé « Reuze » en flamand et « Gayant » en picard, chaque géant possède une identité propre. Il peut représenter un personnage historique, un héros local, un métier ancien ou encore une figure légendaire. Par exemple, Gayant, géant de 8,50 m de haut né en 1530 à Douai, symbolise la force et la protection des habitants de la ville. Figurant parmi les plus anciens et plus hauts géants, il défile accompagné de Madame Gayant, dite Marie Cagenon et de leurs enfants, ce qui renforce son rôle affectif auprès du public. De même, Reuze-Papa et Reuze-Maman, figures emblématiques de Cassel, incarnent les racines flamandes de la région et témoignent de son héritage culturel. À Dunkerque, le Reuze représente le viking Allowyn, chef guerrier scandinave venu pour piller la ville mais blessé en descendant de son drakkar. Soigné par Saint-Eloi, il se convertit au christianisme et devient le protecteur de Dunkerque.

Encore de nos jours, des géants continuent de naître dans le Nord, perpétuant ainsi cette ancestrale tradition. Ainsi, à Abscon, en 2005, Adalbaud a rencontré Rictrude, sa nouvelle compagne, nommée ainsi en hommage à la sainte éponyme.

 

Un rôle essentiel dans la transmission des traditions

Traditionnellement constitués d’une structure en osier surmontée d’une tête, autrefois en bois, maintenant en carton-pâte ou moulée en résine, les géants peuvent aujourd’hui être conçus avec des matériaux plus modernes, tout en conservant leur aspect traditionnel. Leur structure est creuse afin de permettre à un ou plusieurs porteurs de se glisser à l’intérieur. Les porteurs, dissimulés sous la jupe du géant, le font avancer et danser au rythme de la musique.

Au-delà de leur aspect spectaculaire, les géants jouent un rôle essentiel dans la transmission des traditions. Ils sont entretenus par des associations locales, qui veillent à leur conservation et à leur mise en valeur. Ce travail collectif permet de transmettre un savoir-faire et un patrimoine culturel de génération en génération. Les habitants développent souvent un attachement fort à leur géant, qui devient un symbole de fierté et d’appartenance.

 

La reconnaissance de l’Unesco

La richesse de cette tradition a été reconnue en novembre 2025 au niveau international par l’Unesco, qui a inscrit les géants processionnels au Patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Cette reconnaissance souligne l’importance de ces pratiques dans la préservation des cultures locales.

Share this Post

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.