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A l’origine d’une émouvante histoire d’amitié…

C’est le 16 octobre 1914, deux mois et demi après la déclaration de guerre par l’Allemagne, que fut pratiquée avec succès ce qui est considéré comme la première transfusion répertoriée de la grande guerre avec le soldat Isidore Colas comme premier donneur bénévole. 

Le caporal Henri Legrain premier transfusé de la grande Guerre 

Isidore Colas, premier donneur bénévole  

 

16 octobre 1914 à l’hôpital de Biarritz.  

Le caporal du 45ème régiment d’infanterie Henri Legrain, originaire de Villers-Cotterêts, a été rapatrié du front à l’hôpital de Biarritz. Gravement blessé à la jambe, exsangue, menacé de gangrène, il n’est pas en état de subir l’amputation qui s’avère nécessaire.  

Pour procéder avec quelque espoir à l’opération, il faudrait pratiquer une importante transfusion de sang et donc trouver d’urgence le volontaire qui accepterait de donner son sang dans les conditions difficiles de l’époque c’est-à-dire par la méthode du « bras à bras ». Cette technique consistait à relier une artère du donneur à une veine du receveur par une canule ou une suture avec comme conséquence pour le donneur la perte de son artère radiale.  

Henri Legrain a pour voisin de lit, Isidore Colas originaire de Bannalec en Bretagne, soldat au 3ème régiment d’artillerie de Vannes, lui aussi blessé à la jambe par des éclats d’obus. 

D’abord soigné à l’arrière dans un état grave, il poursuit sa convalescence à Biarritz.  

Isidore Colas n’a aucune hésitation.

Malgré des souffrances encore vives et le risque encouru il accepte de se dévouer pour ce voisin de lit qu’il ne connaît pas. 

Le médecin l’a prévenu : ce sera douloureux et sans aucune anesthésie. 

Allongé à côté de son camarade d’infortune, il subit sans broncher la dénudation chirurgicale de l’avant-bras gauche pour la transfusion directe au moyen d’un tube en argent. 

Cela se poursuit pendant toute la durée de l’intervention, soit près de deux heures. 

L’opération se termine avec succès, Henri Legrain sera sauvé grâce au dévouement de son camarade. 

Il faut en conclure que par un heureux hasard le sang des deux hommes était compatible 

Selon certaines sources (difficiles à vérifier…) la transfusion aurait été pratiquée par le professeur Emile Jeanbrau alors mobilisé comme médecin-major à Biarritz, le chirurgien étant le docteur Lostalleau.  

On connaît en tout état de cause le rôle prépondérant exercé par Jeanbrau dans la transfusion sanguine durant la grande guerre.  

Ce fut l’origine d’une longue et émouvante histoire d’amitié. 

Colas fut dignement fêté et remercié. Il eut droit à un excellent repas et à une montre en or offerte par le personnel de l’Hôpital. 

Dès son rétablissement il fut envoyé combattre dans les Balkans jusqu’en 1917, puis affecté à nouveau sur le front français vers la fin de la guerre, démobilisé en 1919 et décoré de la Croix de Guerre et de la Médaille Militaire. 

Ces évènements soudèrent les deux hommes par une amitié inaltérable. 

Après la guerre, Henri Legrain s’établit pâtissier à Laon ; Colas vint le rejoindre pour y exercer son métier de menuisier, avant de partir en retraite dans sa Bretagne natale. Mais les deux hommes demeurèrent toujours en étroite relation. 

Dans sa ville de Bannalec, Isidore Colas sera très justement honoré, notamment comme président d’honneur de l’association des donneurs de sang de Bannalec, association qui encore aujourd’hui s’enorgueillit de porter ce nom.  

Pour perpétuer son souvenir, son nom sera également été donné à une rue de Bannalec. 

Henri Legrain, le miraculé, deviendra un personnage important de sa ville de Villers-Cotterêts, adjoint au maire et peintre de talent. Décoré de la Légion d’Honneur, titulaire de nombreuses distinctions militaires, il mourra le 25 janvier 1987 dans sa 98ème année, soit 73 ans après la transfusion qui lui sauva la vie. 

Remerciements à Andrée Guillou alors présidente de l’amicale « Isidore Colas » de Bannalec 

 

 

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