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La maladie rénale chronique touche une personne sur dix dans le monde et est en croissance constante.

Bien que la transplantation rénale soit privilégiée dans le traitement de l’insuffisance rénale chronique terminale, environ 55 % des patients sont encore traités par dialyse. Cette dernière représente un coût annuel de 2,6 milliards d’euros en France et de 42 milliards de dollars aux États-Unis. Par ailleurs, le taux de rejet tardif de greffons suite à une transplantation rénale est encore aussi élevé qu’en 1999. C’est pourquoi les organismes de réglementation, l’Agence Européenne du Médicament (EMA) et l’Agence Sanitaire Américaine, la Food and Drug Administration (FDA) notamment, ont souligné la nécessité de développer un outil robuste qui pourrait prédire la survie à long terme du greffon et faciliterait ainsi les interventions thérapeutiques, la prise de décisions cliniques et les essais cliniques, dans ce domaine où les besoins sont importants.

Élaboration et validation de l’iBox, premier outil universel de prédiction du risque de perte de rein greffé basé sur l’IA

Des équipes de deux centres majeurs de transplantation rénale de l’AP-HP (à l’hôpital Necker-Enfants malades et à l’hôpital Saint-Louis) et de l’Université de Paris, ont mené, au sein du « Centre d’expertise de la transplantation d’organe » de l’unité Inserm 970 dirigée par le
Pr Alexandre Loupy, un important travail collaboratif qui a permis d’inclure les paramètres cliniques, histologiques, immunologiques et fonctionnels de 7 500 patients suivis sur plus de dix ans après la transplantation rénale, en Europe et aux États-Unis.
Les équipes ont identifié huit des paramètres associés au risque de perte de greffon dans les dix ans suivant la greffe. Ces travaux ont permis d’élaborer et de générer iBox, le premier algorithme universel de prédiction du risque de perte de rein greffé. Ce dernier a été testé et validé sur 3 557 patients de plusieurs pays. Ces modèles ont ensuite été intégrés dans un logiciel pour fournir aux praticiens un outil d’aide à la décision médicale utilisable au lit du patient et dans les scénarios les plus courants rencontrés en transplantation.
Ces travaux, qui ont été menés en collaboration avec huit centres de transplantation en France, en Belgique et aux Etats-Unis, ont été publiés le 17 septembre 2019 sur le site de la revue The British Medical Journal.

Des débuts prometteurs

Son utilisation sur les données d’essais cliniques de différents traitements en transplantation rénale a permis aux équipes de conclure à la fiabilité des prédictions d’iBox, quels que soient le système de santé, la situation clinique ou le traitement suivi par le patient, avec un gain de plus de six années en moyenne dans le développement de médicaments immunosuppresseurs.
Les variables utilisées dans iBox sont facilement accessibles après transplantation. iBox est donc adaptable à la pratique clinique courante, et pourrait être déployé, à l’échelle internationale, dans la majorité des centres de greffe rénale. Une prochaine étape serait d’inclure l’utilisation d’iBox de façon automatique dans les dossiers médicaux électroniques.
En permettant de prédire de manière fiable le devenir à long terme d’un greffon, l’utilisation de l’iBox pourrait aussi réduire la durée des études et ainsi relancer les essais cliniques en transplantation en réduisant significativement leur coût.

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