Les techniques d’intelligence artificielle sont aujourd’hui couramment utilisées en médecine, avec des impacts importants sur la pratique professionnelle, la relation médecin-patient et l’organisation du système de soins.
La radiologie (en particulier dans le domaine de l’oncologie), l’ophtalmologie, la dermatologie, la cardiologie et l’histopathologie sont les domaines les plus concernés avec des perspectives d’avancées très significatives pour les patients. L’usage à visée diagnostique de systèmes numériques a pour objet d’aider les professionnels à identifier le plus précisément possible maladies, lésions ou anomalies, étape essentielle qui détermine la prise en charge thérapeutique.
Les Systèmes d’Intelligence Artificielle pour le Diagnostic Médical (SIADM)
Ces dispositifs peuvent, à partir « d’objectifs définis par l’homme, générer des résultats tels que des contenus, des prédictions, des recommandations ». Ils reposent sur des techniques d’apprentissage automatique, de logique basée sur les connaissances, ou encore sur le traitement statistique de données (images, textes, …). Les SIADM peuvent être utilisés en amont de la consultation médicale (à l’image d’expériences menées dans les services d’urgence afin d’orienter la prise en charge), lors d’étapes d’élaboration de diagnostic (en imagerie par exemple) ou du suivi médical à domicile. Leur utilisation actuelle et leur possible élargissement à un plus grand nombre de disciplines médicales soulèvent des questions éthiques que le CCNE (Comité consultatif national d’éthique) et le CNPEN (Comité national pilote d’éthique du numérique) abordent dans leur Avis 141 du CCNE / Avis 4 du CNPEN « Diagnostic médical et intelligence artificielle : Enjeux éthiques ».
Ils répondent ainsi à la lettre de mission qui leur a été adressée le 19 juillet 2019 par le Premier ministre. Afin de cerner les enjeux éthiques qui apparaissent avec ces évolutions, l’Avis dresse un panorama des capacités actuelles des SIADM. Il permet de comprendre que les promesses sont nombreuses et nécessitent dans un premier temps de bien les distinguer des faits. Par ailleurs, il est important de souligner que les SIADM produisent des résultats basés d’une part sur des approches qui peuvent être probabilistes et d’autre part peuvent être entachés d’erreurs.
Les recommandations de l’Avis
S’il ne serait pas éthique que les équipes soignantes et les patients se privent des avantages apportés pas ces outils, il faut se donner constamment les moyens de prendre de la distance avec le résultat fourni et il est indispensable de créer les conditions de la confiance. L’Avis aboutit à seize recommandations et sept points de vigilance, en particulier :
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Le contrôle de conformité d’un SIADM, qui assure qu’il n’est pas dangereux et ainsi autorise sa mise sur le marché, doit être amélioré. Il doit surtout à l’avenir être accompagné d’une évaluation de son efficacité clinique montrant, au-delà de son absence de nocivité, qu’il contribue efficacement au principe de bienfaisance ;
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S’assurer que, dans leur finalité, les SIADM s’inscrivent dans une logique d’amélioration continue de la qualité et de la sécurité des soins ;
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Éviter que les SIADM ne soient positionnés dans une logique de substitution à l’intervention humaine des professionnels de santé ;
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Introduire le contrôle humain à toutes les étapes-clés de la conception et de l’application en vie réelle du SIADM afin de garantir la sécurité et le respect des droits fondamentaux ;
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Faciliter l’explicabilité des résultats obtenus par des SIADM afin que les médecins soient en mesure de donner un sens clinique aux résultats issus du numérique ;
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Informer le patient lorsqu’un professionnel de la santé a recours à un SIADM et recueillir son consentement ;
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Encourager la recherche afin d’améliorer les processus de validation de l’intérêt clinique et de conformité des SIADM, et établir leur rapport bénéfice-risque ;
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L’utilisation des SIADM dans les démarches de prévention est encore débutante (ex. campagnes de dépistage du cancer), mais leur développement doit être anticipé. Globalement, les SIADM doivent toujours être utilisés en priorité dans une optique d’amélioration démontrée du soin, avant leurs autres intérêts organisationnels, économiques ou managériaux.
Dans la continuité de son Avis (n °3) sur les enjeux éthiques des agents conversationnels (« chatbots »)
fin 2021, le comité national pilote pour l’éthique du numérique (CNPEN) a publié un nouvel avis « Systèmes d’intelligence artificielle générative : enjeux d’éthique », en réponse à une saisine du ministre Jean-Noël Barrot, chargé de la Transition numérique et des Télécommunications.


Si on diminue l’erreur de diagnostic par manque d’expérience du docteur traitant et du radiologue pour profiter de l’expérience des meilleurs spécialistes de chaque maladie, aucune réserve sur l’IA avant confirmation par un spécialiste humain de la maladie détectée par l’ IA (Cancer du tissus mamméllaire rare et gravissime avec décès il y a 20 ans.)