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Le système Rhésus est un système de groupe sanguin porté uniquement par les globules rouges et d’importance majeure.  L’antigène D (RH1 dans la nomenclature internationale) est le plus connu. Mais depuis sa découverte en 1939, plus d’une cinquantaine d’antigènes différents ont été mis en évidence.

Caractéristiques

Une personne dite Rhésus positif présente à la surface de ses globules rouges l’antigène D, c’est une caractéristique retrouvée dans 85% de la population Européenne. Si l’antigène D est absent la personne est dite Rhésus négatif (15% de la population Européenne).

L’antigène D est extrêmement immunogène. Il est important de respecter le système Rhésus en transfusion : Les transfusions sont ainsi possibles entre individus de groupe Rh+, entre individus de groupe Rh-, mais aussi du groupe Rh- vers le groupe Rh+.

En revanche, si un patient Rh- est transfusé avec du sang Rh+, il risque de produire un anticorps dirigé contre l’antigène D et dès que cet anticorps rencontre un globule rouge présentant l’antigène D, il va le détruire.

La découverte du facteur Rhésus

Comme de nombreux systèmes de groupe sanguin, le système Rhésus a été découvert à l’occasion d’un accouchement et son appellation « Rhésus » est liée à une confusion historique avec un autre système.

En 1939 dans une clinique de New York une jeune femme perd beaucoup de sang lors de la naissance d’un enfant mort-né et elle est au plus mal.

Le Dr Philip Lévine qui est à son chevet demande au père de donner son sang car il est du groupe O comme son épouse. Mais l’état de la patiente s’aggrave au cours de la transfusion, celle-ci est heureusement arrêtée et la jeune femme va guérir. Dr Levine et son assistant Stetson constatent alors que le sérum de la femme agglutine non seulement les globules rouges de son enfant et du père mais également celles de 85% des sujets testés.

Le Docteur Landsteiner, de son côté, avait poursuivi ses recherches sur les groupes sanguins. En injectant à des lapins les globules rouges d’un petit singe Macacus Rhesus, il avait obtenu un anticorps dirigé contre les globules rouges du singe, mais aussi contre des globules humains.

Lorsque le Dr Lévine fait part de cet accident transfusionnel à Landsteiner et à son assistant Salomon Wiener. Une expérience est alors menée. Le constat est que l’anticorps produit par le lapin agglutine les globules rouges de l’enfant et du père. C’est ainsi que l’anticorps à l’origine de cet accident a été appelé « anti-Rhésus ».

Par la suite, il sera mis en évidence que l’anticorps mis au point par Landsteiner qu’on a cru initialement dirigé contre l’antigène Rhésus, ne reconnait pas l’antigène Rhésus mais un autre antigène qui sera nommé par la suite « Landsteiner et Wiener » présent dans 100% de la population mais avec une expression plus forte chez les patients Rh+. 

Mais comment cet anticorps est-il apparu chez cette jeune femme?

Les deux chercheurs émettent alors l’hypothèse qui se révélera juste par la suite que la mère Rh- avait été immunisée en cours de grossesse par les globules rouges du fœtus Rh + comme son père. Cette découverte est aussi fondamentale que celle des groupes ABO. Elle a permis d’expliquer et de prévenir certains accidents transfusionnels ainsi que la maladie hémolytique du nouveau-né (les anticorps maternels anti Rhésus détruisent les globules rouges de l’enfant).

Répartition

Système ABO O A B AB Total
Rhésus + 37 % 39 % 7 % 2 % 85 %
Rhésus – 6 % 6 % 2 % 1 % 15 %

Rh – 15% en Europe de l’Ouest, quasi absent en Extrême Orient

Mais à l’intérieur d’un même pays il peut y avoir des disparités géographiques, ainsi le Rh – est prédominant chez les basques.

Autres antigènes

Le système Rh comprend également d’autres antigènes, tels que :

  • C (« grand C » ou RH2)
  • E (« grand E » ou RH3)
  • c (« petit c » ou RH4)
  • e (« petit e » ou RH5).

Ces 4 antigènes sont très immunogènes. Leur indication sur les cartes de groupe sanguin permet de sélectionner de sang compatible en cas de transfusion pour éviter un risque d’allo-immunisation.

Parmi eux, l’anti-c est redoutable en contexte transfusionnel comme l’anti-D et peut être à l’origine de complications fœtales.

Donneur universel

On considère comme donneur universel une personne possédant un groupe sanguin O-

Le qualificatif « d’universel » est toutefois à nuancer. En effet, certaines catégories de population ayant un groupe sanguin rare (par exemple groupe de Bombay) ou un Rh nul (absence d’expression des antigènes du système Rhésus) ne peuvent être transfusées avec du sang de groupe O+ ou O-. D’autre part, la transfusion en O- peut exposer le patient à un risque d’allo-immunisation. Alors, en dehors de l’urgence avérée, toute transfusion de sang O- doit faire l’objet d’une analyse de type bénéfice/risque.

Groupe sanguin et grossesse

Les femmes enceintes doivent toujours effectuer un test de groupe sanguin. Si la mère est de type Rh négatif, mais que l’enfant a hérité du type Rh positif du père, il est possible que la mère s’immunise et développe un anticorps anti-D qui pourrait entraîner de graves complications chez le fœtus. Il est donc indispensable de mettre en place un suivi et une prise en charge de la grossesse adaptés.

Compatibilité

En prenant en compte le système ABO et le système Rhésus, la compatibilité se précise et devient plus complexe.

Grille de compatibilité des groupes sanguins des systèmes ABO et Rhésus (en vert)

 

 

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