FFDSB/ octobre 2, 2021/ Actualités, En page d'accueil, Nationale/ 0 comments

L’autotransfusion, que l’on appelle aussi la transfusion autologue, n’est pas un don de sang. Elle consiste à prélever le sang d’un patient avant ou pendant une intervention chirurgicale, pour le lui réinjecter, s’il en a besoin, pendant ou immédiatement après l’opération. La personne se fait ainsi prélever le sang pour elle-même.

Quand pratiquer l’autotransfusion ?

Les avantages de cette procédure sont les suivants :

  • Réduction du risque de contamination virale du receveur. Cependant, l’autotransfusion ne protège pas du risque lié aux bactéries.
  • Parfaite compatibilité : par définition, les groupes sanguins sont parfaitement identiques. A condition toutefois de respecter les habituelles règles sécuritaires de conservation et de transfusion des produits.

Comment se déroule une autotransfusion ?

En pratique, 3 techniques correspondent à la transfusion autologue :

1) La transfusion autologue programmée

Le sang est prélevé chez le futur opéré, au maximum 6 semaines avant l’acte chirurgical (correspondant à la durée de conservation des globules rouges). Le médecin de l’EFS doit préalablement s’assurer que ce retrait de sang ne présente pas de danger pour le patient (maladie cardiovasculaire, grand âge). Chaque prélèvement, habituellement réalisé à une semaine d’intervalle, est toujours précédé d’une consultation médicale et du contrôle de la numération sanguine, en particulier du taux d’hémoglobine. Chaque produit sanguin prélevé fait l’objet de tests biologiques, qui sont les mêmes que ceux réalisés sur les dons de sang dits « homologues » (don à un malade anonyme). Cette technique de « transfusion autologue programmée » est toutefois devenue rarement pratiquée, car le risque de mal supporter les prélèvements apparaît désormais, pour certains patients, plus important que le risque inhérent à toute transfusion sanguine. D’autre part, le rapport coût-bénéfice est très défavorable compte-tenu du faible risque transfusionnel homologue. Elle demeure malgré tout proposable à certains patients de groupe sanguin rare.

2) L’hémodilution normo-volémique

Un liquide de remplissage vasculaire remplace aussitôt le sang prélevé. Ce sang est réinjecté en cas de forte hémorragie. Cette technique préopératoire ou per-opératoire est actuellement abandonnée car l’anémie induite au cours de l’intervention augmentait les risques de saignement.

3) La récupération per-opératoire

Le sang contenu dans le champ opératoire est filtré et réinjecté à l’opéré. C’est aujourd’hui la principale technique d’autotransfusion utilisée. Elle est parfaitement intégrée aux protocoles chirurgicaux et participe à ce qu’on appelle la « gestion du patient transfusé », ensemble de pratiques entourant l’acte chirurgical qui visent à s’assurer d’un bon taux d’hémoglobine pré-opératoire, à limiter les saignements pendant l’intervention, et à récupérer les pertes sanguines pour les réinjecter au patient.

Une pratique qui régresse

La technique de transfusion autologue programmée, très développée dans les années 90, est pratiquement abandonnée (2 prélèvements en France en 2020). Cette récente régression de l’autotransfusion vient notamment de la plus grande sécurité des produits sanguins. Mais également des progrès des techniques chirurgicales, qui permettent une réduction des besoins en produits sanguins.

Dans tous les cas, ces produits sanguins sont strictement réservés à l’usage des patients chez lesquels ils ont été prélevés. Ils seront d’ailleurs détruits en cas de non-utilisation pour le malade en question. En effet, les critères médicaux et biologiques de sélection des patients sont beaucoup moins stricts que ceux des donneurs de sang. Cette précaution de destruction est donc indispensable.

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